Élise Leclercq Bérimont

Élise Leclercq Bérimont

Artiste

www.eliseberimont.net

Elise Leclercq est diplômée de la Cambre à Bruxelles en scénographie, elle part ensuite à Berlin pour poursuivre ses recherches à l’école des Beaux Arts de Weissensee. Elle revient ensuite à Paris, où elle poursuit un Master d'anthropologie visuelle et d'histoire de l'art à l'École des hautes études en sciences sociales. Ses oeuvres s'élaborent le plus souvent à partir d'observations de terrain, d'enquêtes ou d'autres protocoles d'expérience. Elles explorent un milieu social mais surtout les représentations collectives et intimes qui en découlent. Dans ce cadre d'action sur le réel, la dimension du témoignage et des sources orales côtoie celle des images mentales et des gestes quotidiens, le document et l'archive s'ouvrent à la mise en scène et aux récits fictionnels. Elle expose ses oeuvres en France et à l’international (Berlin, Montréal, Bruxelles…).

UAPISTAN TROUBLE

Il y a 4 ans

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UAPISTAN TROUBLE
En Janvier 2017, j'ai mené un workshop avec les étudiants en art de l’Université de Valenciennes afin d’initier une recherche collective à partir du poème documentaire en onze chants "Soleil algonquin" (Luc Bérimont, Cahiers Froissart, publication posthume en 1989), écrit en hommage aux amérindiens Innus rencontrés lors d'un voyage au Québec en 1978.

C’est autour de l’histoire réelle et fantasmée d’un Innu appelé Uapistan que les étudiants ont été amenés à travailler en particulier. Luc Bérimont n’a pas rencontré Uapistan directement. Il a appris son existence à travers le récit du prospecteur Paul Provencher, Uapistan ayant accompagné et guidé celui-ci durant de nombreuses années pour tracer des lignes à travers les immenses forêts du nord Québec, aidant ainsi à cartographier les terres pour les grandes compagnies hydro-électriques. Être ambivalent, il devient dans « Soleil algonquin » une figure tutélaire des peuples amérindiens qui prend la parole au nom des ancêtres, dénonce l’accaparement de la nature et l’âpreté des colons. Dans le passage "Uapistan parle", son discours visionnaire annonce l’anthropocène et l’ère post-humaine.

La position de l’auteur, lui-même pris au piège de sa culture, de son imaginaire et de ses représentations, nous interroge. Qui raconte ? Qui projette quoi et au nom de quelle histoire, de quelles convictions ? Comment, à travers une recherche artistique collective et l’usage de dispositifs visuels précis, est-il possible de mettre à jour l’enchevêtrement des relations et des identités ici à l’œuvre et les rapports de pouvoir qui les accompagnent ? Quels rôles peuvent jouer les artistes visuels qui sont amenés à travailler les questions postcoloniales et écologiques aujourd’hui ? Dans quelles perspectives ?

Ces recherches sont présentées au cours de l’exposition "SOLEILS ! Entre Avesnois et Canada" à travers l’ébauche de trois réalisations collectives qui entrent en correspondance : une installation vidéo tournée lors des séances du workshop, une série de dessins autour de la notion de refuge et une sculpture à taille humaine réalisés par les étudiants en écho à ces séances avec l’accompagnement des doctorants Antonin Jousse et Bahéra Oujlakh.
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Thèmes : Arts plastiques, Vidéo
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