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Élise Leclercq Bérimont

Élise Leclercq Bérimont

Artiste

www.eliseberimont.net

Elise Leclercq est diplômée de la Cambre à Bruxelles en scénographie, elle part ensuite à Berlin pour poursuivre ses recherches à l’école des Beaux Arts de Weissensee. Elle revient ensuite à Paris, où elle poursuit un Master d'anthropologie visuelle et d'histoire de l'art à l'École des hautes études en sciences sociales. Ses oeuvres s'élaborent le plus souvent à partir d'observations de terrain, d'enquêtes ou d'autres protocoles d'expérience. Elles explorent un milieu social mais surtout les représentations collectives et intimes qui en découlent. Dans ce cadre d'action sur le réel, la dimension du témoignage et des sources orales côtoie celle des images mentales et des gestes quotidiens, le document et l'archive s'ouvrent à la mise en scène et aux récits fictionnels. Elle expose ses oeuvres en France et à l’international (Berlin, Montréal, Bruxelles…).
  • Vacillements

    Il y a 9 ans

    / Expositions et résidences / Interlignes / Présentation

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      DSC_0072
    • 2 - Séquence 43
      Séquence 43
    • 3 - FLG-1
      FLG-1
    Vidéo HDV, 2 minutes 40

    avec la participation d'Aurélien Mascaut

    L’image énigmatique d’un adolescent suspendu dans le vide, avec sa part d’humour burlesque et sa part de frayeur menaçante, nous plonge dans l’ambiguité. Transporté le long d’un « travelling » sur un pont roulant mécanique, on se prend à imaginer les marchandises qui étaient jadis transportées à sa place. Entre l’usine, symbole de lourdeur et de pollution d’un côté, et la verdure légère et oxygénante des arbres de l’autre, un monde lui aussi ambivalent et fait de juxtapositions se dessine. Ce signe particulier de Ferrière-la-Grande et de son profil « rurbain », où ces deux réalités ont longtemps cohabité sans empiéter l’une sur l’autre, nous frappe désormais tel un vacillement du sol sous nos pieds. Les transformations du paysage au cours de l’histoire ainsi que les vestiges de l’activité industrielle constituent comme un patrimoine en creux. En investissant ce dernier, on peut dès lors trouver une manière de réinscrire la dimension « vitale » de l’expérience ouvrière que suggère la captivité flottante de l’adolescent. En effet si le développement économique a reposé sur l’édification de machines de diverses sortes, l’économie n’en demeure pas moins elle-même une « machine » à l’intérieur de laquelle doivent se développer les vies d’hommes, de femmes mais aussi d’enfants (aussi bien l’enfant au travail à certaines époques que l’enfant face à l’avenir).

    L’adolescent perdant le sens de la gravité pour s’envoler symbolise l’héritage paradoxal des ressources énergétiques autrefois générées ; mais elles ne sauraient faire oublier les énergies humaines qui s'y sont investies. Ce corps gesticulant de toutes ses forces recèle sans doute un signe d’ironie contre l’idée préconçue du dépeuplement ou du « no man’s land » que l’on prête souvent aux régions désindustrialisées où les usines ont fermées ; mais il tient aussi au-delà d’une chaîne sur laquelle les corps se sont épuisés individuellement, la promesse d’une « chaîne » possible entre les générations d’hier et celles de demain. L’œuvre de Luc Bérimont (Le bois Castiau) nous invite d’ailleurs à concevoir l’enfance, non comme un moment figé dans le marbre du passé, mais comme un état de mutation temporelle où le passé et le présent se rencontrent et insufflent de la vie dans les lieux d’où elle s’est échappée ou consumée.
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    Thèmes : Arts plastiques, Vidéo
  • L'Harmonie

    Il y a 9 ans

    / Expositions et résidences / Interlignes / Présentation

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      DSC_0148
    • 2 - Séquence 43c
      Séquence 43c
    • 3 - Séquence 43d
      Séquence 43d
    Vidéo HDV, 7 minutes 20

    avec la participation des membres de l’Harmonie municipale de Ferrière-la-Grande


    Tel un cortège d’anges musiciens mais rebelles qui voudraient manifester leur mécontentement, l’Harmonie avance vers nous mais arrive de très loin, comme le tonnerre qui gronde par échos. Le caractère cacophonique ou « déréglé » de leur musique, comme si chacun jouait dans sa bulle alors même qu’ils avancent comme un seul homme, entre en contact métaphorique et « romantique » avec la nature luxuriante qui les entoure. Ainsi du ciel et de sa lumière qui semble accompagner le mouvement de la fanfare par alternance d’éclaircies et d’ombres. Ces troubadours désenchantés deviennent des oiseaux de bons et de mauvais augures, annonçant les humeurs du ciel comme les mariages et les deuils, faisant la pluie et le beau temps sur la vie en communauté.

    Dieu sait quelle nouvelle ils sont venus annoncer cette fois-ci ; car leur marche fait d’abord l’effet d’une procession surréaliste où chacun retrouve son âme d’enfant, celle qui souffle dans l’instrument sans réfléchir au son qui en sortira. Mais l’innocence du souffle n’empêche pas la dimension collective et intergénérationnelle de faire pressentir la mélodie de l’Événement ; celle qu’on entend siffler en douce, à l’orée des grands mouvements de l’histoire, sans en reconnaître les notes. S’il est encore tôt pour prédire la destination de ces trouble-fêtes de l’Harmonie, ils rappellent par ailleurs tout un musée imaginaire où cohabitent les Musiciens du Caravage qui semblent n’en faire qu’à leur tête, les Musiciens tragiques de James Ensor qui forment un orchestre zoologique et la Sainte Cécile (patronne des musiciens) de Raphaël qui regarde le chœur des anges trônant dans le ciel alors qu’à ses pieds traînent des flûtes et des luths déglingués.
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    Thèmes : Arts plastiques, Vidéo
  • Vives voies

    Il y a 9 ans

    / Expositions et résidences / Interlignes /  Présentation

    Série de cinq vidéos HDV (5'15, 3'25, 8', 2'50, 2'10)

    avec la participation de Michèle Debrenne, Henry Fontaine, Sylvie Heuclin, Lucienne Philippe et Luisa Seba

    Les cinq micro-fictions prenant directement place sur la voie ferrée qui traverse Ferrière-la-Grande indiquent une ligne de temps imaginaire. Les personnes que l’on rencontre à différents points de cette ligne y improvisent en solitaires, comme les protagonistes d’un film d’anticipation. Sauf qu’ici la "science-fiction" ne doit plus se comprendre comme une forme désengagée de prédiction de l’avenir, placée sous le signe de l’inéluctable et de la catastrophe, mais au contraire comme la capacité de chacun à transgresser le temps du quotidien, pour entrer, à sa manière et avec ses moyens, dans une temporalité utopique. Car la voie ferrée, à la fois dans et hors de la vie des habitants, à la fois trace du passé avec le développement industriel et voie de transit vers un avenir inconnu, devient comme la scène mentale de ces récits mis-en-gestes.

    Gestes d’expérience (jouer une mélodie, se mesurer à un habitat) ou gestes compulsifs (collectionner, tricoter), tous guidés par l’horizon de l’enfance où les barrières du vrai et du faux s’écroulent. L’important n’est pas de faire semblant que nous partons pour un long voyage sous la protection d’une troupe d’animaux, mais plutôt la potentialité des lieux et des histoires multiples auxquels ce départ nous relie. Organiser son environnement en fonction des  mondes intérieurs qui nous habitent, toucher aux objets comme à des  témoins de notre lien fragile avec le présent… voilà l’attitude de celui qui "sort" de son rôle au lieu d’y entrer, conscient qu’il faut parfois se couper des autres pour mieux voir apparaître le "jeu social". Ainsi le plan-séquence, qui tranche l’espace tout en intensifiant la durée, révèle la dimension rituelle de nos manières de faire, d’être et d’apparaître ; nos résistances aux normes du langage et du vivre-ensemble.
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    Thèmes : Arts plastiques, Vidéo
  • Pièces et mémoire

    Il y a 9 ans

    / Expositions et résidences / Interlignes / Présentation

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      DSC_0060b
    • 2 - FLG-9
      FLG-9
    • 3 - Séquence 1b
      Séquence 1b
    • + 1 media(s)
    Installation en boucle, vidéos HDV 8’40 et 11’15, vidéo analogique 19'

    avec la participation de Robert Carlier


    Le triptyque de vidéos réalisé en collaboration avec Robert Carlier, ancien ouvrier de la fonderie Miroux à Ferrière-la-Grande, nous plonge dans une triple dimension. Celle-ci se compose d’une visite-souvenir, aujourd’hui, sur la friche de l’ancien site ouvrier fermé en 2002 ; d’un film personnel qu’il réalisa en 1991 à l’intérieur même de l’usine avant son licenciement économique en 1998 ; et enfin d’une vidéo qui met en scène les modèles réduits sophistiqués qu’il construisit durant son temps libre, reprenant à l'identique les formes, les matières et les couleurs de ces machines qu'il réparait tous les jours à l'usine. Lors de sa visite, Robert Carlier nous éclaire de ses souvenirs sur les détails d’une journée de travail type, sur l’organisation et les recoins de l’usine. Mais la mémoire qui se met au travail aléatoirement sur le terrain vague prend la forme d’une description vivante, au présent, qui déstabilise notre conception du témoignage. Les mouvements zélés de sa baguette feraient presque apparaître les machines comme par le pouvoir d’une invocation magique. Le dialogue fictif qu’il établit avec ses collègues de l’époque se prolonge ensuite dans les images filmées par Robert Carlier lui-même. Les regards complices et les plaisanteries suscités entre collègues par la caméra se détachent alors de la chaîne de travail et de l’automatisme des machines.

    Si les images témoignent autant des transformations introduites par la caméra que de l’usine elle-même, il ne faut pas oublier que le geste de filmer outrepasse l’interdit opposé par le lieu de travail, qui s’avère donc aussi un lieu d’échange et de sociabilité. Puis par l’effet renversant de la troisième vidéo, la main de l’ouvrier n’est plus contrainte à suivre le rythme imposé par la machine mais elle la manipule dans un décor lilliputien. La force de travail pure se voit soudain réinvestie dans le savoir-faire de l’ingénieur maquettiste. Les trajets vacillants de la mémoire qui vont d’un point à un autre, du passé au présent, nous amènent désormais au royaume d’un art de la mémoire. Ici l’expérience se reconstruit « pièce » par « pièce », comme l’édifice d’une vie où le travail rime amèrement avec l’enfance, mais où les modèles réduits survivent aux usines.
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    Thèmes : Arts plastiques, Vidéo
  • Futur antérieur

    Il y a 9 ans

    / Expositions et résidences / Interlignes / Présentation

    • 1 - DSC_0113
      DSC_0113
    • 2 - Séquence 43b
      Séquence 43b
    • 3 - FLG-2
      FLG-2
    Vidéo HDV, 6 minutes

    avec la participation de Geoffrey Daux

    Un personnage s’avance, vêtu d’une combinaison qui semble autant celle d’un bactériologue en mission scientifique que celle d’un cosmonaute tombé sur une planète abandonnée. Car si la planète en question n’est autre que la terre, les gestes précautionneux et méthodiques qu’il accomplit nous en éloignent, comme si nous étions en zone de haute radioactivité. Il rôde ainsi une irrésistible atmosphère de science-fiction, ou à tout le moins, une remise en cause de la gravité terrestre (on pourrait aussi bien imaginer le personnage sous l’eau, explorant une carcasse de bateau). On pense au scénario spectaculaire du « dernier homme sur terre », que le cinéma a souvent revisité, mais rejoué ici avec une certaine distance comme la métaphore du dernier témoin, celui d’une culture ou d’une société que l’Histoire n’aurait pas retenue dans ses pages officielles. Les crevasses et les angles asymétriques du bâtiment déchu semblent donc figurer les méandres d’une mémoire que notre scaphandrier arpente pour mieux les combler.

    Les bruits de machines et d’usines qui retentissent en fond sonore offrent la bande-son possible d’un savoir qui se serait perdu en route sur le chemin du progrès industriel. Mais tout comme pour la gravité, le rapport au temps est lui aussi devenu incertain, ou plutôt s’ouvre à d’autres possibilités. Marchant ainsi sur les ruines d’un temps révolu, où il cherche les spécimens végétaux qui témoignent de traces de vie, sa seule présence transforme l’architecture dans un décor pour une archéologie du futur.
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    Thèmes : Arts plastiques, Vidéo
  • Usures

    Il y a 9 ans

    / Expositions et résidences / Présentation

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      usures-2
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      usures-2b
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    Installation vidéo sur moniteur de 11 minutes

    Un voyage en Tunisie pendant l’hiver 2006 en compagnie du poète Tom Nisse a rendu possible ces rencontres avec des écrivains de Tunisie, avec des poètes vivant en exil, ainsi qu’avec des opposants politiques afin de réaliser ce projet vidéo.

    Une voix-off, celle de Jalloul Azzouna, porte-parole de la Ligue des Ecrivains Libres de Tunisie, explique la situation de la poésie contemporaine de son pays. Il pose les problèmes spécifiques (politiques, sociaux et culturels) auxquels font face les poétesses et les poètes tunisiens aujourd’hui. Sa voix est ponctuellement accompagnée d’une chanson interprétée par Mohamed Bhar et plusieurs poèmes apparaissent à l’image tout au long de cet entretien. Usures se veut être un modeste hommage à ces poètes invisibles qui chuchotent à voix haute.

    La vidéo a été élaborée pour une diffusion via un moniteur posé sur une des étagères de la Bibliothèque Nationale de Montréal lors de sa présentation à la 7ème MIVAEM, sur le thème de la "cité invisible".
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    Thèmes : Arts plastiques, Vidéo
  • Gestes d'expérience

    Il y a 10 ans

    / Expositions et résidences / Présentation

    Ire
    Tenter de raconter ce lieu immobile et muet, d’un âge incertain, traversé de parcours invisibles, implique de le reconfigurer et de révéler sa spatialité par le mouvement et la présence humaine. Être là se limiterait à assimiler son histoire, y participer est agir.

    Dans ses vidéos, Élise Leclercq invite les personnes rencontrées à transposer leurs gestes quotidiens et à les vivre en rapport avec un lieu, en leur proposant de créer elles-mêmes une narration visuelle et symbolique in situ. Ici point de mise en scène où l’on s’égare dans des rôles attribués, chacun joue son propre personnage et l’interroge à sa manière par la mise à distance que le geste ritualisé rend possible en écrivant dans l’espace ce que l’artiste appelle une micro-fiction.

    Tous ces plans séquences tracent des directions dans le temps, interrogent la relation entre une personne en mouvement et un lieu, sans jamais chercher à donner de réponse univoque au spectateur. Le rituel convoque la diversité des rapports au réel et rend possible une médiation du quotidien dans un espace temps ouvert. "Les rituels inventés avec les personnes que je rencontre tentent d’initier un détournement, une subversion du réel, en prenant appui sur un environnement et des gestes quotidiens" dit-elle.

    "The Way it goes", plan-séquence filmé au centre de Ramallah en Palestine, pourrrait ainsi être une micro-fiction. Mais le personnage existe bel et bien dans le quotidien de cette ville et vient interroger une approche artistique qui fictionnalise le réel tout en se retrouvant parfois face à une réalité déjà vraisemblablement fictionnelle. Au-delà des vidéos produites, c’est la globalité d’une démarche qui se déploie dans la rencontre entre réalité et fiction, cherchant la part utopique de nos vies.

    Ainsi le projet photographique et sonore intitulé "Amador enquête" part d’une volonté commune de l’artiste et d’un habitant de produire un geste : effacer les noms d’auteurs classiques français que portent les immeubles d’un quartier du Nord de la France tout en donnant la parole aux habitants pour écouter leurs propositions. L’imaginaire social, momentanément suspendu, laisse place à l’imaginaire individuel. La relation entre les deux apparaît conflictuelle, paradoxale et peut-être impossible ; elle pointe le caractère utopique d’un imaginaire commun.

    (Extrait du texte écrit par Maya Mikelsone pour l'exposition)
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    Thèmes : Arts plastiques, Vidéo
  • Hors lieu (extrait)

    Il y a 10 ans

    / Expositions et résidences

    Thèmes : Arts plastiques, Vidéo
  • Apriori (extrait)

    Il y a 10 ans

    / Expositions et résidences / Vous passez, nous on reste

    Thèmes : Arts plastiques, Vidéo
  • Hors Lieu

    Il y a 10 ans

    / Expositions et résidences / Présentation

    Vidéo, 52 minutes

    Cette vidéo documentaire retranscrit les réflexions et projections utopiques de quelques habitants du quartier des Marolles à Bruxelles interrogeant la notion d’espace public. La capacité d’appropriation par les habitants de leur environnement, leur place individuelle mais aussi collective aux vues d’une gentrification croissante de ce quartier populaire et historique de la ville, font partie des interrogations essentielles de ce film.

    Le médium vidéo y est lui-même interrogé et mis à distance face à sa capacité de se substituer à l’espace public en simulant les rencontres. Ainsi, tout au long du film les personnes n’échangent leurs paroles qu’à travers le poste de télévision.

    Production : Recyclart
    Année : 2005
    Suite
    Thèmes : Arts plastiques, Vidéo